Depuis plusieurs mois, une croyance inquiétante circule dans certaines communautés de la RDC : « Un enfant en bonne santé n’a pas besoin d’être vacciné ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. Derrière cette idée en apparence rassurante se cache pourtant une menace grave pour la santé des enfants.
« Le fait qu’un enfant soit en bonne santé aujourd’hui ne veut pas dire qu’il est protégé contre des maladies graves demain », rappelle le Dr Franck Mboussou, chef d’équipe vaccination à l’OMS en RDC.
Pour de nombreux parents, cette fausse sécurité semblait rassurante. « Je pensais que mes enfants, qui ne tombaient jamais malade, n’avaient pas besoin de vaccins », raconte Antoinette Busi, mère de deux enfants à Kinshasa. « Je croyais vraiment que ce n’était pas grave si je retardais les vaccins. Ce n’est que lorsque j’ai posé des questions à un médecin pendant la campagne de vaccination que j’ai compris à quel point je mettais mes petits en danger. Aujourd’hui, ils sont protégés à temps, et je ne laisserai plus de rumeur guider mes choix. »

Contrairement à ce que certains pensent, les vaccins ne soignent pas, ils protègent. Ils agissent comme une barrière invisible contre des maladies parfois mortelles. En RDC, le calendrier vaccinal national précise l’âge auquel chaque vaccin doit être administré : rougeole, polio, diphtérie, tétanos, coqueluche… autant de maladies que l’on peut éviter grâce à une protection précoce. Même les enfants en parfaite santé ne sont pas à l’abri. Une infection peut bouleverser une vie, avec de longues hospitalisations, des séquelles irréversibles, voire le décès.
Les rumeurs sur la vaccination ne sont pas nouvelles, mais leur propagation rapide via les réseaux sociaux amplifie la méfiance des parents. Le résultat est visible : les taux de vaccination chutent et les maladies que l’on croyait disparues réapparaissent. « La désinformation est un danger supplémentaire », insiste le Dr Mboussou. « Elle pousse certains parents à retarder ou refuser les vaccins, exposant ainsi leurs enfants et l’ensemble de la communauté. »
La vaccination n’est pas seulement un geste individuel. Lorsqu’une majorité d’enfants est vaccinée, la circulation des virus diminue, créant une protection collective qui bénéficie aussi à ceux qui ne peuvent pas être vaccinés pour des raisons médicales. Chaque vaccin administré à temps est donc une chance de vie préservée.
Le Dr Mboussou encourage les parents à s’informer auprès de sources fiables : les médecins, les autorités sanitaires et l’OMS. « Vacciner à temps, c’est offrir à son enfant les meilleures chances de rester en bonne santé », rappelle-t-il.
Face à la multiplication des rumeurs, la sensibilisation et l’éducation sont essentielles. Avant de partager une information ou de prendre une décision, il est crucial de vérifier les faits auprès de professionnels de santé. Chaque parent informé devient ainsi un acteur de protection, non seulement pour son enfant, mais pour toute la communauté.
même un enfant en bonne santé a besoin de vaccins. Sans eux, il reste vulnérable. La vaccination est un geste simple, sûr et vital, un véritable acte d’amour et de protection conclut Dr.Mboussou.

Kelvin Baeni
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