Les campagnes de vaccination à Kinshasa connaissent une forte méfiance chez certains parents, influencés par des rumeurs persistantes. Ces dernières affirment que les vaccins, envoyés par des pays occidentaux, seraient destinés à nuire à la santé et à l’avenir des enfants africains. Pourtant, ces accusations sont totalement infondées.
Où et comment les rumeurs circulent
Dans plusieurs communes de Kinshasa — notamment Masina, Kimbanseke ou Ndjili — des familles hésitent, voire refusent de faire vacciner leurs enfants. Cette défiance s’alimente principalement via les réseaux sociaux et certains groupes communautaires où circulent des informations erronées. Ces rumeurs prétendent notamment que les vaccins provoqueraient la stérilité ou entraîneraient des maladies graves à long terme.
La réponse claire de l’OMS
Face à cette situation préoccupante, Dr Franck Mboussou, chef d’équipe Vaccination à l’OMS en RDC, dénonce fermement ces fausses allégations.
« Les vaccins administrés en RDC sont sûrs, efficaces et validés par les autorités sanitaires nationales et internationales. Il est regrettable que ces rumeurs sans fondement éloignent les familles de la protection qu’offrent les vaccins », explique-t-il.
L’OMS rappelle que ces rumeurs font partie d’une infodémie — un excès d’informations fausses qui met en danger la santé publique.
« Il est essentiel de déconstruire ces idées reçues, de fournir des informations fiables et de rassurer les parents », ajoute Dr Mboussou.
Des chiffres qui interpellent
Selon le Programme élargi de vaccination (PEV), lors de la dernière campagne contre la poliomyélite à Kinshasa, près de 20 % des enfants ciblés n’ont pas été vaccinés. Ce taux expose la population au risque de voir revenir des maladies évitables qui avaient été sous contrôle.
Mobilisation pour rétablir la confiance
Pour lutter contre cette désinformation, les autorités sanitaires déploient des actions de sensibilisation au sein des communautés. Agents de santé, leaders religieux, communicateurs sociaux sont mobilisés pour informer, répondre aux inquiétudes et encourager la vaccination.
« Il ne suffit pas de nier les rumeurs. Il faut écouter les parents, dialoguer avec eux et les accompagner. La vaccination est un geste de protection, pas une contrainte », insiste Dr Mboussou.
L’OMS et ses partenaires appellent à une mobilisation collective pour renforcer l’adhésion au calendrier vaccinal et garantir la santé de chaque enfant congolais.

Kelvin Baeni.
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