Guerre à l’Est:les enfants nés des viols reconnus comme victimes directes, une avancée historique portée par le FONAREV

Pour la toute première fois dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, les enfants nés des viols sont officiellement reconnus comme victimes directes des violences sexuelles liées aux conflits.

Ils bénéficieront désormais d’un programme de réparation intégrale et spécifique, conçu pour répondre à leurs besoins physiques, psychologiques et sociaux.

Une décision inédite en Afrique, saluée comme une étape majeure dans la reconnaissance des droits des victimes, portée par le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).

Cette annonce a été faite à Kinshasa, par Madame Emmanuella Zandi, Directrice générale adjointe du FONAREV, à l’occasion de la Conférence des femmes pour la paix, tenue du 28 au 29 octobre 2025, en marge de la célébration du 25e anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.

L’événement, organisé par le Système des Nations unies en collaboration avec les femmes leaders congolaises, avait pour thème : « À la table de la paix : des voix qui font la différence. »

« Pour la toute première fois, la République Démocratique du Congo reconnaît que les enfants issus des viols sont eux aussi des victimes directes, au même titre que leurs mères. Ils bénéficieront d’un programme de réparation spécifique, direct et adapté à leurs besoins », a déclaré Mme Emmanuella Zandi.

Selon elle, cette reconnaissance traduit la volonté du gouvernement congolais de rompre avec les tabous et de placer la dignité humaine au cœur du processus de paix.

« C’est un signal fort envoyé à la communauté nationale et internationale : ces enfants n’ont pas choisi les circonstances de leur naissance, mais ils ont droit à la justice, à la dignité et à un avenir », a-t-elle ajouté.

Le FONAREV prévoit pour ces enfants une prise en charge holistique comprenant un accompagnement psychologique, un appui socio-éducatif et des mesures d’inclusion communautaire.

L’objectif est d’assurer une réparation durable et transformative, qui restaure à la fois les droits et la place des victimes dans la société.

Cette innovation, saluée par les partenaires internationaux et les organisations congolaises de la société civile, positionne la RDC comme un modèle continental en matière de justice réparatrice.

Elle ouvre une voie nouvelle pour l’Afrique, où les enfants nés des viols demeurent souvent dans l’ombre du silence et de la stigmatisation.

« L’approche du FONAREV repose sur l’humanité, la responsabilité et la réparation. En reconnaissant officiellement ces enfants comme victimes directes, la RDC fait preuve de leadership et d’engagement pour une paix véritablement inclusive », a souligné un représentant du Système des Nations unies présent à la conférence.

Le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) est un établissement public congolais chargé de concevoir, mettre en œuvre et suivre les programmes de réparation intégrale en faveur des victimes.

Le FONAREV œuvre pour la justice, la dignité et la reconstruction des vies brisées, en plaçant les survivantes, survivants et leurs enfants au centre des politiques publiques de réparation et de paix durable.

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Mme Emmanuella Zandi, Directrice générale adjointe du FONAREV, lors de son intervention à la Conférence des femmes pour la paix, Kinshasa, le 29 octobre 2025. Crédit photo : Kelvin Baeni.

Kelvin Baeni

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