Conseil de sécurité de l’ONU : Bintou Keita alerte sur la violence et la crise humanitaire en RDC malgré les accords de paix

Malgré des avancées dans les pourparlers de paix depuis l’Accord de Washington du 27 juin, l’est de la RDC reste marqué par la violence et une crise humanitaire grave. La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, Bintou Keita, a présenté mardi 30 septembre , devant le Conseil de sécurité un bilan contrasté. « Chaque jour, des familles continuent de payer le prix fort », a-t-elle rappelé.

Depuis la signature de l’accord, plusieurs étapes diplomatiques ont été franchies. Des réunions du Comité de surveillance conjoint et du Mécanisme de coordination de la sécurité ont eu lieu. Les pourparlers de Doha ont abouti à une déclaration de principe entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

L’Union africaine et d’autres facilitateurs ont rencontré des femmes, des leaders communautaires et des représentants de la société civile. Bintou Keita a souligné que « leurs voix et contributions sont indispensables pour bâtir une paix durable dans l’est du pays et dans la région des Grands Lacs ».

La violence reste élevée dans l’est. Selon la MONUSCO, 1 087 civils ont été tués depuis juin dans l’Ituri et le Nord-Kivu. Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont commis 300 meurtres au cours des trois derniers mois.

Les attaques visent régulièrement des rassemblements religieux et civils. Les affrontements entre la CRP et l’armée congolaise et les attaques de la CODECO aggravent la crise. Bintou Keita a averti que « la situation humanitaire reste critique et moins de personnes recevront une aide si les financements ne sont pas rapidement assurés ».

Au Sud-Kivu, les violations des droits de l’homme se poursuivent malgré la fin du mandat de la MONUSCO en juillet 2024. Des groupes armés continuent d’opérer en toute impunité.

La représentante de l’ONU a demandé un accès sans restriction pour le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme. Elle a aussi réclamé un financement immédiat pour la commission d’enquête indépendante.

Elle a enfin exhorté tous les acteurs politiques à favoriser le dialogue, condamner les discours de haine et protéger les civils. « Renforcer la cohésion sociale est essentiel pour garantir des élections générales de 2028 dans un climat de sécurité et de confiance », a-t-elle conclu.

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Kelvin Baeni

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