A Kinshasa, des jeunes originaires de l’Est de la République démocratique du Congo se sont réunis pour commémorer le GENECOST, une journée dédiée à la mémoire des victimes des conflits qui ravagent leur région. Vêtus de noir, portant un brassard rouge au bras et une bougie à la main, ils ont observé un moment de silence chargé de douleur.
Chaque participant tenait également un ballon blanc, symbole de « l’innocence assassinée », une image poignante rappelant le lourd bilan humain qui s’étend dans les collines, forêts et rivières de l’Est congolais. La cérémonie, sobre mais profondément symbolique, a été organisée par la Communauté des Jeunes Ressortissants de l’Est (CJR-EST), qui dénonce un génocide trop souvent ignoré.
« La paix ne viendra pas du silence », a affirmé Galilée KAMBO, enseignant à l’Université de Kinshasa et coordonnateur adjoint de la CJR-EST, portant la voix de la communauté. Il a souligné que l’exploitation des richesses naturelles – coltan, or, cobalt – constitue un moteur majeur des violences qui déchirent la région depuis des années.
Pour ces jeunes, le GENECOST n’est pas qu’une simple commémoration. C’est un acte de résistance et un devoir de mémoire face à ce qu’ils qualifient d’un « projet d’effacement » dont ils se sentent victimes. Ils dénoncent le silence de la communauté internationale, qui ferme les yeux sur une tragédie meurtrière toujours en cours à l’Est du pays.
Face à cette réalité, ils lancent un appel fort à la communauté internationale : reconnaître enfin ces violences, mettre fin à l’impunité et agir pour que justice soit rendue. Ils refusent que cette page sombre de l’histoire soit oubliée et réclament la protection de la mémoire des victimes, seule garantie pour bâtir une paix durable dans l’Est de la RDC.

Kelvin Baeni
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